Espace

Atelier-création Corps-instrument, Scintillation fantomatique
Interprète: Nicole Harbonnier © Alain Joule

« L’espace est le trait caché du mouvement et le mouvement est l’aspect visible de l’espace. »[1]

Laban

Selon Laban, l’espace est dynamique ; il organise le mouvement et en détermine la forme[2]. Godard lui fait écho, en insistant sur l’importance d’un espace virtuel, dans lequel la perception des espaces disponibles précède le geste et influe sur l’actualisation, la qualité et le choix du mouvement.[3] Ainsi, la capacité de virtualiser l’espace et se projeter hors de soi participe à la construction de son rapport au monde et à la fonction haptique.

La fonction haptique – qui veut dire « capable de saisir » – fait référence à la relation singulière de la personne avec l’espace, à la fois intérieur et extérieur, dans laquelle tous les sens coopèrent sur un mode intersensoriel et interagissent avec la motricité.[4]

Les concepts labaniens ressaisis dans l’OAM permettent d’aborder l’Espace comme « une organisation cohérente des éléments observables de la fonction haptique ». [5]

 LES OBSERVABLES

Kinesphère

« Volume sphérique imaginaire qui entoure le corps, et dont l’étendue se limite à la portée maximale des membres » et ce, sans que la personne ne se déplace ni change sa base de support. »[6]

« … ce que Laban nomme kinesphère ou sphère gestuelle est en premier lieu l’espace à proximité dont mes membres peuvent toucher les bords. La kinesphère circonscrit l’espace gestuel sans déplacement. »[7] 

Directions+

27 directions répertoriées à l’intérieur de la kinesphère, vers lesquelles peuvent se diriger le mouvement.[8]

Plans

Les trois plans de l’espace.[9]

Trajets

Trajets du mouvement dans la kinesphère.[10]

Tracés

Forme des tracés dans les trois plans de l’espace.[11]

 

Gestalt

Forme globale du mouvement.[12]

 


[1] Laban, R. (2003). Espace dynamique, Bruxelles, Nouvelles de danse, p.76

[2] Laban, R. (2003). Espace dynamique, Bruxelles, Nouvelles de danse.

[3] McHose C. et Godard, H. (2006). « Phenomenological space ». Contact Quaterly, 31 (2), p.32-38. 

[4] Le système haptique est une notion développée par Gibson en 1966. Elle met en évidence l’interdépendance entre la perception et l’action. La sensation est comprise, non plus seulement comme une information venue de l’extérieur, mais aussi comme un mouvement d’exploration allant vers la compréhension du monde environnant. Hubert Godard remobilise aussi ce concept dans ses travaux.

[5] Harbonnier, N., Dussault, G. et Ferri, C. (accepté). Un nouveau regard sur le lien fonction/expression en analyse qualitative du mouvement : L’Observation-Analyse du Mouvement (OAM). Recherches en danse 10,  p.20

[6] COLLOD Anne, CHALLET-HAAS Jacqueline et BRUN Dominique, Dossier Laban, Ligne de sorcière, Centre National de Documentation Pédagogique, 2007. (p. 13)

[7] Louppe, L. (1997). Poétique de la danse contemporaine. Bruxelles : Contredanse, (p.68).

[8] Ibid., p.4

[9] Ibid., p.18

[10] Ibid. p.12

[11] Le tracé en OAM fait référence au « tracé de la forme, droit et courbe » (Directionnal movements, Spokelike, Arclike) ou « Plasticité de la forme » (Carving, Shaping, Molding) dans le LMA.

– Cottin, R., & Loureiro, A. (2012). Réflexions sur la Forme en Analyse du Mouvement Laban (LMA) et sur sa symbolisation: Centre National de La Danse, p.31

[12] La gestalt fait référence aux « attitudes de la forme » (Still Forms, Basic Forms, Shape Design, Total Body Attitude) du LMA.

– Ibid. p.49