Engagement

Un saut dans le lac! © Tommaso Fornoni

« L’être est défini par ses lignes de mouvement, ses polarités en rééquilibrage constant grâce aux échanges avec le monde extérieur. »[1]

 – Laban

En OAM, l’Engagement exprime le rapport à la gravité qui module le mouvement et l’investissement de l’espace. Il se manifeste à travers des lignes d’énergies ou des dynamiques spatiales, négociées par un niveau de résistance ou de lâcher prise par rapport à la gravité. L’engagement donne accès un espace élastique et tridimensionnel que Laban nomme « l’espace dynamique ».[2] Pour Godard, l’espace est une construction faite par anticipation, portée par des désirs et des inhibitions. En plus d’offrir un support et un potentiel de significations aux gestes, cet espace virtuel vient nécessairement colorer la manière de s’engager dans le mouvement.[3]

Ces lignes d’énergie peuvent se déployer sur l’axe vertical, du centre vers la périphérie ou de la périphérie vers le centre. Lorsqu’elles se manifestent entre deux points de direction opposée, elles constituent un facteur de stabilité. Lorsqu’elles se projettent au-delà des limites du corps, elles favorisent plutôt la mobilité.[4]

Puisqu’il conduit à la dimension expressive, l’Engagement se situe dans le schéma conceptuel de l’OAM à l’intersection de l’Espace et la Dynamique.

LES OBSERVABLES

Dynamique verticale : Ligne d’activation et de stabilisation du corps sur l’axe gravitaire qui met en jeu simultanément un échange dynamique avec le sol et une contre-direction vers le haut. Elle est évaluée sur une échelle de 1 à 3, de peu à très visible.

Projection spatiale : Activation d’une ligne d’énergie qui dépasse les limites de la kinesphère. Elle est un vecteur de mobilité et génère une kinesphère mobile.

Projection spatiale par le regard : Activation du regard afin d’engager tout le corps dans un déplacement dans l’espace.

Opposition spatiale : Activation d’une ligne d’énergie qui se développe entre deux points de direction opposée. Elle est un vecteur de stabilité et génère une kinesphère stable.

Dynamique spatiale centripète: Matérialisation d’une ou plusieurs lignes d’énergie qui se développent de l’extrémité vers le centre.

Dynamique spatiale centrifuge: Matérialisation d’une ou plusieurs lignes d’énergie qui se développent du centre vers la périphérie. 


[1] Laban, R. (2003). Espace dynamique. Translated by Élisabeth Schwartz-Rémy. Bruxelles: Nouvelles de danse. p.16

[2] Laban, R. and Ullmann L. (1984). A vision of dynamic space. London: Laban Archives, in association with the Falmer Press.

Laban, R. (2003). Espace dynamique. Translated by Élisabeth Schwartz-Rémy.Bruxelles: Nouvelles de danse. p.62

[3] Godard, Hubert, Daniel Dobbels, and Claude Rabant. 1994. « Le geste manquant, entretien avec Hubert Godard. » IO, Revue internationale de psychanalyse 5:63-75.

McHose, Caryn, and Hubert Godard. 2006. « Phenomenological space, interview with Hubert Godard. » Contact Quarterly 31 (2):23-38.

Godard, Hubert. 2013. Fond / figure Entretien avec Hubert Godard. edited by Mathieu Bouvier. Lausanne La Manufacture (He.so).

[4] Laban développe ces notions en terme de « contre-tensions spatiales ».

Laban, R. (2003). Espace dynamique. Traduit par Élisabeth Schwartz-Rémy. Bruxelles: Nouvelles de danse, p.173.